Le 15 septembre 2011 — Bien que de nombreuses femmes d’âge avancé accouchent sans problème, les risques associés à la grossesse et à l’accouchement commencent à augmenter à partir de 35 ans et s’accentuent de façon significative à partir de 40 ans, selon une nouvelle étude de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS). Les femmes primipares (qui accouchent pour la première fois) dans la quarantaine sont celles qui sont exposées aux plus grands risques de complications associées à l’accouchement. L’étude présentée dans le rapport Le moment propice : pourquoi l’âge de la mère est déterminant a examiné plus d’un million de naissances en milieu hospitalier de 2006-2007 à 2008-2009. Il s’agit de la plus importante étude basée sur une population au Canada concernant les effets de l’âge maternel avancé sur la santé des mères et de leur nouveau-né.
En étudiant les complications liées à la grossesse, les chercheurs de l’ICIS ont découvert que les mères de 40 ans ou plus sont au moins trois fois plus susceptibles de développer le diabète gestationnel ou le placenta prævia, comparativement à leurs cadettes :
« Des soins prénatals adéquats peuvent aider à gérer les risques associés au diabète gestationnel et au placenta prævia et à assurer un accouchement sans danger », précise le Dr Mark Walker, chercheur principal à l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa, obstétricien à l’Hôpital d’Ottawa et directeur de recherche en épidémiologie périnatale à l’Université d’Ottawa. « Il est important de comprendre le lien avec l’âge afin de gérer adéquatement les risques. »
L’étude de l’ICIS s’est également penchée sur les risques de complications liées au travail et à l’accouchement chez les mères d’âge avancé. Les chercheurs ont découvert que deux mères âgées de 40 ans ou plus sur cinq (41,4 %), et la moitié (52,9 %) de toutes les mères primipares de ce groupe d’âge, ont accouché par césarienne. Par comparaison, environ une mère de 35 à 39 ans sur trois (35,3 %) et une mère de 20 à 34 ans sur quatre (25,2 %) ont accouché par césarienne.
Les accouchements vaginaux assistés, comme ceux nécessitant l’utilisation de forceps ou d’une ventouse, étaient également plus fréquents chez les mères d’âge avancé comptant une naissance. Plus d’une mère primipare dans la quarantaine sur trois (34 %) a accouché par voie vaginale avec assistance, contre une mère primipare de 20 à 34 ans sur quatre (25,3 %).
« Au Canada, près d’un bébé sur cinq naît d’une mère de 35 ans ou plus, et on prévoit que cette proportion continuera d’augmenter », indique Kathleen Morris, directrice, Analyse du système de santé et Questions émergentes, ICIS. « Bien que la plupart de ces naissances se déroulent sans problème, il est important pour les femmes enceintes, leurs dispensateurs de soins et les planificateurs du système de santé de comprendre les risques associés à un âge maternel avancé. »
Il est généralement reconnu que l’âge maternel avancé est un facteur de risque d’anomalie chromosomique, comme le syndrome de Down. Au cours de la période d’étude de trois ans, les données de l’ICIS ont révélé qu’un nouveau-né de mère de 40 ans ou plus sur 127 était atteint d’une anomalie chromosomique, comparativement à un nouveau-né de mère de 35 à 39 ans sur 370 et à un nouveau-né de mère de 20 à 34 ans sur 1 000.
Les risques de donner naissance prématurément (avant la 37e semaine de grossesse) sont également plus élevés chez les mères d’âge avancé. L’étude a révélé qu’une femme de 20 à 34 ans sur 13 accouche prématurément, comparativement à une femme de 35 à 39 ans sur 11 et à une femme de 40 ans ou plus sur 9. Les coûts des soins hospitaliers dans les cas d’une naissance prématurée sont de sept à neuf fois plus élevés que pour les naissances à terme, selon des données recueillies en 2005-2006 dans le cadre d’une autre analyse de l’ICIS. Les nouveau-nés prématurés n’ont pas eu la chance de se développer complètement dans l’utérus et sont plus susceptibles d’être victimes de complications médicales, qu’il s’agisse de difficultés respiratoires, de problèmes oculaires ou intestinaux, ou encore de problèmes neurologiques comme la paralysie cérébrale.
L’étude de l’ICIS a révélé que le coût des naissances en milieu hospitalier augmente avec l’âge de la mère : le coût moyen est d’environ 2 900 $ pour les mères de 20 à 34 ans, d’environ 3 000 $ pour les mères de 35 à 39 ans et d’environ 3 200 $ pour les mères de 40 ans ou plus.
Le coût hospitalier moyen des soins aux nouveau-nés est également plus élevé si la mère est âgée de 40 ans ou plus, soit environ 1 800 $ comparativement à environ 1 600 $ pour ceux dont la mère a de 35 à 39 ans et à environ 1 500 $ pour ceux dont la mère a de 20 à 34 ans. Ce coût inclut les soins aux nouveau-nés atteints d’anomalies congénitales, prématurés ou petits pour l’âge gestationnel. Ces estimations concernant les mères et les nouveau-nés ne tiennent pas compte du coût des hospitalisations répétées ou du coût éventuel des soins médicaux prodigués aux enfants ayant présenté des problèmes de santé à la naissance. La rémunération des médecins et des spécialistes n’est pas incluse.
Selon l’étude, la proportion de femmes de 35 ans ou plus qui donnent naissance variait d’une province à l’autre. Au cours de la période d’étude, plus d’un enfant sur cinq (22,3 %) est né d’une mère de 35 ans ou plus en Colombie-Britannique. Ce pourcentage était similaire en Ontario (21 %). Au Nouveau-Brunswick, environ un enfant sur huit (11,8 %) est né d’une mère de 35 ans ou plus, tandis qu’en Saskatchewan, le taux était d’environ un enfant sur 10 (10,2 %).
L’étude de l’ICIS révèle également des variations dans les pratiques au pays. Le taux d’accouchements par césarienne chez les femmes de 40 ans ou plus était le plus élevé à Terre-Neuve-et-Labrador (47,9 %) et en Colombie-Britannique (45,6 %), et le plus faible en Saskatchewan et au Québec (35,3 % chacun) ainsi qu’au Manitoba (34,1 %). Ces variations se vérifient également chez les femmes de 35 à 39 ans, dont le taux d’accouchements par césarienne variait de 41,4 % à Terre-Neuve-et-Labrador et 37,8 % en Colombie-Britannique à 30,3 % au Québec et 28,9 % au Manitoba. Les femmes qui accouchent de plus d’un bébé sont plus susceptibles de subir une césarienne. Par conséquent, elles n’ont pas été incluses dans ces comparaisons provinciales.
Benoit Laplante
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